FAQ

1-  Y a-t-il un lien entre Claude Monet et Jean Monnet ?

Non, il n'y a aucun lien entre eux. Claude Monet, peintre de l’école " impressionniste ", a vécu de 1840 à 1926. Jean Monnet, quant à lui, était un homme d'Etat français, considéré comme l'un des Pères de l'Europe. Né en 1888, il est mort en 1979. L’un a marqué l’Histoire de l’art ; l’autre a marqué l’Histoire.

2-  Quelle est l’origine sociale de Jean Monnet ?

Jean Monnet est né de parents à l'origine paysans, devenus par la suite négociants en cognac. En effet, son père, Jean-Gabriel Monnet, prend la direction, en 1897, d’une coopérative de propriétaires vinicoles de Cognac et en change le nom pour " J.G. Monnet & Co ". Suite à cette action, la famille Monnet s'enrichit rapidement. Sa mère, Maria Demelle, fille d’un tonnelier, est aussi croyante que son mari est agnostique. Outre Jean, ils ont deux filles (Marie-Louise, seule femme auditeur au concile Vatican II, et Henriette) et un fils (Gaston, impliqué dans l'affaire familiale).

De plus, Jean Monnet souligne, dans ses Mémoires, que la région dans laquelle il a grandi était libre de l'idéologie nationaliste : " Les gens de Cognac n’étaient pas nationalistes à une époque où la France l’était. […] sans doute il y avait déjà là les conditions qui me rendirent naturel, un jour, de faire ce qui me parut nécessaire pour mettre au travail, ensemble, des hommes séparés par des obstacles artificiels. " [Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p.45]

3-  Quelle est la formation de Jean Monnet ?

Jean Monnet a quitté le collège de Cognac à l’âge de seize ans, après l’obtention de la première partie de son baccalauréat : " Je n’avais jamais aimé l’école. Je refusais, ou quelque difficulté m’empêchait d’apprendre par cœur, une science livresque." [Mémoires, p.39]

Malgré l'arrêt précoce de ses études, il développe de précieuses compétences en s'engageant dans le commerce du cognac. Il observe les relations qui naissent entre les différents partenaires commerciaux et apprend aussi bien sur les hommes que sur les affaires internationales. Il considère cette instruction plus utile et plus efficace que l'éducation spécialisée. Il n'a qu'à regarder et écouter attentivement. Comme il le dit, pourquoi se limiter au cadre scolaire quand on a la possibilité d’entrer à "l’école de la vie" et de "visiter le monde ?" [Mémoires, p.40]

4-  Quelle est la première activité professionnelle de Jean Monnet ?

A l’âge de seize ans, Jean Monnet est formé par un agent de la compagnie familiale "J.G. Monnet & Co", qui lui fera découvrir, à la City de Londres, le monde des affaires. De 1904 à 1906, le jeune Monnet y apprend son métier de négociant, ainsi que la langue du commerce, l’anglais. Ce séjour est déterminant, car il lui permet de découvrir les relations professionnelles à l'échelle internationale.

Suite à cette expérience, à l'âge de dix-huit ans, il est envoyé par son père au Canada, son premier grand voyage lointain. Sur le départ, celui-ci lui donne ces derniers conseils : " N’emporte pas de livres – personne ne peut réfléchir pour toi - regarde par la fenêtre, parle aux gens, prête attention à celui qui est à côté de toi. " [Mémoires, p.47]

Jean Monnet représente donc la compagnie familiale sur les marchés internationaux, et de 1906 à 1914, il passe plus de temps à l’étranger (Amérique, Angleterre, Scandinavie, Russie, Egypte,…) qu’en France.

5-  Pourquoi Jean Monnet n’est-il pas mobilisé en 1914 ?

Le jeune Monnet a la santé fragile. En 1913, à l’âge de vingt-cinq ans, après une opération de l’appendicite, il est frappé par la fièvre typhoïde, une maladie infectieuse causée par une bactérie de la famille des Salmonelles. Mais en réalité, ce sont ses problèmes pulmonaires, révélés en 1908 lors de la visite médicale de l'Armée, qui l'empêchent d'être engagé. Malgré le fait qu'aucune "feuille de route" ne l'attende chez lui, il ne reste pas inactif et s'engage dans des projets dans la mesure de ses capacités. Il ne peut pas servir sa patrie, mais désire être utile.

6-  Quel rôle Jean Monnet a-t-il joué pendant la Première Guerre mondiale ?

En 1914, Jean Monnet a vingt-six ans. De retour de voyages d’affaires au Canada, il apprend en gare de Poitiers la mobilisation générale. Après un mois de conflit au désavantage des forces alliées, il réalise rapidement que la nature de cette guerre ne ressemble pas à celle des précédentes. Selon lui, "la machine de guerre était appelée à broyer toutes les ressources d’une nation". Ainsi, il est nécessaire d'utiliser des instruments de guerre plus modernes.

A ce moment-là, il prend conscience de la nécessité d'agir vite, mais ne sait pas à qui s'adresser. Grâce à la médiation de l’avocat de l’entreprise familiale, Maître Fernand Benon, il obtient un rendez-vous avec le Président du Conseil, René Viviani, et lui expose son point de vue. Il n'est pas satisfait de l'organisation de la flotte : "Il y a un immense gâchis, les flottes de commerce ne sont pas réquisitionnées". Il estime qu'aucune priorité n'est définie et que les organismes de coopération entre les Alliés sont insuffisants. L’idée de Monnet est novatrice : il s’agit de créer un Comité des transports maritimes contrôlant tous les navires alliés (leurs caractéristiques, mouvements et chargements). Le but est de participer ensemble à l'effort de guerre.

Envoyé à Londres en 1914 par Viviani, Jean Monnet va contribuer, pendant toute la guerre, à l’élaboration de ce " Pool " des navires franco-britanniques. Bien que réformé, Jean Monnet a ainsi réussi à servir efficacement la France et la paix. Il retient de cette expérience que l’interdépendance des nations paraît désormais incontournable.

7-  Quelle fonction Jean Monnet occupe-t-il après la Première Guerre ?

En 1919, à la signature du traité de Versailles, la Société des Nations (SDN), ancêtre de l’ONU, est créée. La participation de Jean Monnet dans la création et le fonctionnement des organisations interalliées et son expérience dans le commerce international lui apportent d'importants outils. Ainsi, il acquiert un réseau de relations étendu et une solide connaissance des données d’ordre financier et économique de l’après-guerre. C’est la raison pour laquelle le comité d’organisation de la SDN, soutenu par Clémenceau et Lord Balfour, songe à nommer ce jeune provincial de 31 ans au poste de Secrétaire général adjoint de la SDN. Ainsi, il restera quatre ans à Genève. Il assistera Sir Eric Drummond, Secrétaire général, pour l’exécution des décisions d’ordre technique.

8-  Pourquoi Jean Monnet démissionne-t-il de la SDN ?

En 1923, Marie-Louise Monnet, la sœur de Jean, se rend à Genève pour lui demander de venir reprendre en mains la firme. En effet, comme avant la guerre, la maison Monnet traverse une crise qui touche tout le secteur des eaux-de-vie de Cognac. Ainsi, le 18 décembre, Jean Monnet remet sa démission du poste de Secrétaire général adjoint de la SDN pour cause "d'obligations familiales".

En 1970, avec du recul, il écrit : " La SDN a été une désillusion.[...] Pendant la guerre, la mise en commun des ressources et l’organisation alliée résultaient d’une action commune, mais j’avais oublié que cette action commune résultait de la guerre, de l’absolue nécessité de s’entendre" [Roussel, p.102]. Il comprend ainsi que les gouvernements recherchaient leurs intérêts propres et non pas la solution des problèmes.

Malgré tout, il avoue que cette expérience a marqué sa vie et a influencé son action dans le long terme.

9-  Quelles sont les activités de Jean Monnet pendant l’Entre-deux-guerres ?

Après sa démission de la SDN, en 1924 Jean Monnet va reprendre en mains l’affaire familiale. Pourtant, après son expérience dans le commerce international et son passage à la SDN, il sent que sa vocation n’est plus dans la vente du cognac. Il confie la gérance de la maison à ses cousins et songe à se tourner de nouveau vers des activités internationales.

C’est à ce moment qu’il est contacté par une firme d’investissements américaine de New York, la "Blair & Co". Le travail de cette entreprise consiste à émettre des titres bancaires et placer des emprunts publics assurés par les gouvernements. Cependant, dans certains cas, son rôle est de redresser et stabiliser les monnaies affaiblies par la guerre. Monnet devient le Vice-Président de l’antenne française de la "Blair & Co", et joue un rôle important dans la stabilisation monétaire de 1926 en France. En 1927, il participe au redressement économique de la Pologne avec sa monnaie, le zloty, puis poursuit la même activité en Roumanie en 1928. En 1929, Jean Monnet fonde et co-préside une grande banque américaine à San Francisco, la "Bancamerica-Blair".

C'est grâce au cognac qu'il a acquis la maîtrise de la vente et du marketing, et grâce à la SDN qu'il a développé une bonne connaissance des mécanismes juridiques et diplomatiques. A cela s'ajoute l'expérience de la banque et de la haute finance internationale, à seulement 41 ans.

10-  Jean Monnet s’est-il marié ? A-t-il eu des enfants ?

En 1929, la vie de Jean Monnet bascule. Ce " célibataire endurci " [Roussel, p.133] rencontre, lors d’un dîner qu’il donne chez lui, l’épouse de l’un de ses collaborateurs, Francisco Giannini. Il tombe alors amoureux de Silvia, née de Bondini, jeune Italienne de 22 ans. Cet amour est vite partagé, mais la loi de son pays n’admet pas le divorce. "J’avais essayé de trouver une solution pour épouser ma femme dans tous les pays possibles et imaginables : en Italie, aux Etats-Unis, ailleurs encore, mais j’ai découvert alors que j’étais seul à Shanghai, que même en Chine, je ne pourrais pas trouver de solution. " [Roussel, p.157]

Pendant cinq ans, ses amis avocats vont étudier les possibilités de sortir de l’impasse juridique dans laquelle le couple se trouve, sans résultat. C’est un médecin polonais connu plus tôt à la SDN, futur fondateur de l’UNICEF, Ludwik Rajchman, qui lui conseille de se rendre en URSS pour se marier. Là, il est possible pour Silvia de divorcer unilatéralement et de se remarier. Le 13 novembre 1934, le couple se retrouve à Moscou. Silvia adopte la nationalité soviétique, divorce et se marie légalement avec Jean Monnet.

Trente ans plus tard, un mariage religieux sera célébré à Lourdes. De leur union naîtront deux enfants : Anna et Marianne.

11-  Pourquoi Jean Monnet s’est-il rendu en Chine ?

C'est Ludwik Rajchman, un ami polonais de Jean Monnet menant une mission de la SDN en Chine, qui lui suggère de venir y travailler. En effet, il se rend compte des problèmes de ce pays et trouve que Monnet pourrait être utile. Jean Monnet arrive en Chine une première fois en 1933, mais ne rencontre le Dr Soong, le beau-frère de Tchang Kaï-Chek, qu'en Europe, un peu plus tard. Le Dr Soong agit alors comme ministre et conseiller spécial au sein du Kuomingtang.

Sur les recommandations de Rajchman, le Dr Soong appelle Monnet en Chine afin de mettre en œuvre un plan de reconstruction chargé d’attirer des capitaux internationaux.

Même si Jean Monnet est invité par le gouvernement chinois, sa mission reste de caractère privé et non sous mandat de la SDN. En effet, le Japon, membre de la SDN et ennemi de la Chine, s'oppose à la mission de Monnet. Ainsi, de 1934 à 1936, Jean Monnet participe à la réorganisation du réseau ferroviaire et des finances chinoises.

De cette expérience, Jean Monnet retient : "S’il m’était facile de traiter avec T.V. Soong, dont la culture était européenne, je n’en finissais pas d’apprendre l’art de négocier avec les hommes d’affaires chinois traditionnels. Je mis longtemps à comprendre qu’en Chine il ne faut pas demander la réponse, mais la deviner… ".[Mémoires, p.134]

13-  Pourquoi Jean Monnet a-t-il envisagé l’union totale de la France et du Royaume-Uni en juin 1940 ?

En décembre 1939, ayant fait ses preuves lors de la Première Guerre mondiale, Jean Monnet devient Président du Comité de Coordination franco-britannique à Londres. Le but de ce comité est de coordonner l’action de cinq bureaux exécutifs permanents, créés le 18 octobre 1939 par un accord signé entre Daladier et Chamberlain. Ces bureaux s'occupent du ravitaillement, de l'armement et des matières premières, du pétrole, de l'aéronautique et des transports maritimes. Ils doivent établir pour les Alliés un programme des besoins, un inventaire des ressources et déterminer les programmes d’importation. Jean Monnet est de plus en plus persuadé de l'utilité d'une union solide entre la France et le Royaume-Uni.

Alors que le gouvernement français est replié à Bordeaux, Jean Monnet, le général de Gaulle, René Pleven et Winston Churchill se réunissent le 16 juin 1940. Le but de cette rencontre est de dicter par téléphone la "Déclaration d'Union totale", au Président du Conseil français, Paul Reynaud. Ce projet a pour objectif d'éviter la défaite de la France, avec la création d'une seule nation, d'un seul Parlement et d'un seul cabinet. Cependant, il n'aboutit pas, et cette journée est évoquée par Jean Monnet comme le "jour des occasions manquées" [Mémoires, p.35]. En effet, Paul Reynaud démissionne le soir même et est remplacé par Philippe Pétain qui signe l'Armistice le 22 juin.

15-  Quelles ont été les relations entre Jean Monnet et le général de Gaulle ?

Ils appartiennent à la même génération. Jean Monnet est issu de la paysannerie charentaise et s’est enrichi dans les affaires. Charles de Gaulle vient d’une bourgeoisie libérale et catholique, plus cultivée. L’éducation classique de De Gaulle est très éloignée de celle de Monnet. En effet, il est élève des collèges de jésuites, maîtrise le grec, le latin et l’allemand, la langue de l’ennemi. Mais contrairement à Monnet, de Gaulle ne connaît pas le monde anglo-saxon. Il entre à Saint-Cyr en 1909 et devient par la suite officier, au moment où Jean Monnet parcourt le monde pour vendre son cognac.

Ils se rencontrent à Londres le 16 juin 1940, lorsque de Gaulle vient d’arriver en Angleterre. A ce moment-là, Jean Monnet et ses collaborateurs anglais et français rédigent un projet d’union totale entre la France et la Grande-Bretagne. De Gaulle participe à ce projet, mais n'est pas convaincu de son efficacité. Pour lui, cette union est un "mythe inventé, comme d'autres mythes, par Jean Monnet" [entretien de De Gaulle accordé à Henri Amouroux publié par Paris Match, cité par Eric Roussel, p.241].

Le 17 juin au soir, de Gaulle est invité à dîner chez Monnet. Les deux hommes ne sont pas d'accord sur la résistance contre l’envahisseur. De Gaulle veut avant tout libérer la France. Jean Monnet pense qu'il faut d'abord vaincre les nazis en s’alliant avec les Anglais. Selon Jean Lacouture, c’est le soir même après le dîner que de Gaulle commence la rédaction de l’appel du 18 juin. Suite à cela, Monnet reproche son manque de confiance à De Gaulle, qui ne parle pas de ses intentions. De plus, Jean Monnet n'est pas d'accord avec la stratégie de résistance unilatérale du Général. En effet, pour Monnet il faut unir la résistance à l'intérieur avec le soutien des Alliés.

Pourtant, les deux hommes se respectent et parviennent à se mettre d’accord sur certaines grandes décisions pour leur pays. Par exemple, à la fin de la guerre, de Gaulle charge Monnet de la direction de l’équipe du Commissariat au Plan. Cet important Plan consiste à la reconstruction et la modernisation de la France.

16-  Quelle est la valeur symbolique de la maison de Jean Monnet à Houjarray ?

Jean Monnet achète sa maison à Houjarray en 1945 à un médecin suédois. Il y reçoit de nombreuses personnalités, comme Schuman, Eisenhower et Adenauer. Ensemble, ils discutent de l'avenir de la France, de l'Europe et du Monde. Il commence souvent ses journées par une promenade dans la forêt voisine, pour s'ouvrir à la réflexion.

En 1950, en pleine Guerre Froide, Jean Monnet analyse la situation de l'Allemagne, divisée depuis 1949. Il évoque : « une autre guerre est proche si nous ne faisons rien"[Mémoires, p.342]. En effet, il pense que seule la France peut prendre la décision d'une paix durable avec l'Allemagne. Ainsi, il réfléchit à une solution possible avec deux collaborateurs, Etienne Hirsch (ingénieur des Mines) et Paul Reuter (professeur de droit et jurisconsulte, c'est-à-dire spécialiste du droit). En avril 1950, réunis chez Jean, ils élaborent la proposition de la création d'une union entre la France et l'Allemagne. Ils posent les bases de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA), réellement créée le 9 mai 1950 lors de la lecture du document final par Robert Schuman. Cette communauté consiste à placer sous une autorité internationale la production franco-allemande d'acier et de charbon. Elle invite aussi d'autres pays d'Europe à y participer.

17- Où Jean Monnet repose-t-il aujourd’hui ?

Jean Monnet meurt le 16 mars 1979, à 91 ans, dans sa demeure d’Houjarray, dans les Yvelines. Il est enterré dans le cimetière de Bazoches-sur-Guyonne. Cependant, neuf ans plus tard, à la demande de "l'Association des Amis de Jean Monnet" et par décision de François Mitterrand, Président de la République, ses cendres sont transférées au Panthéon le 9 novembre 1988, soit un siècle après sa naissance. Sa femme Silvia, décédée en 1982, à 75 ans, repose dans le cimetière de Bazoches-sur-Guyonne.

18-  Qu’est devenue la maison de Jean Monnet à Houjarray ?

Après la mort de son mari, Silvia quitte la maison familiale pour vivre à Rome auprès de son frère. Elle vend la maison au Parlement européen en 1982. Celui-ci entreprend sa restauration de 1984 à 1987. Puis "l'Association des Amis de Jean Monnet", fondée en 1986, s'occupe de la reconstitution du décor dans lequel Jean Monnet et ses collaborateurs ont conçu la CECA. L’Association a d'ailleurs reçu des aides financières du Conseil Supérieur du Mécénat Culturel, de la Fondation Electricité de France, du Crédit Agricole de l’Ile-de-France, du Conseil Régional de l’Ile-de-France, et du Conseil Général des Yvelines. En 1990, elle change de nom et devient "l'Association Jean Monnet". Elle signe par la suite une convention avec le Parlement européen, qui lui confie la gestion et l’animation de la "Maison où est née l’Europe". Aujourd’hui, la Maison de Jean Monnet, patrimoine commun des Européens, est ouverte tous les jours gratuitement au public. Elle reçoit entre 15 et 20.000 visiteurs chaque année venus du monde entier et accueille environ 250 conférences par an.

19-  Le cognac " Monnet " existe-t-il toujours ?

Jean Monnet s’est progressivement détourné du commerce des eaux-de-vie de Cognac. En 1963, année de la signature du traité d'amitié franco-allemand, il vend l'affaire familiale à Sharlachberg, une compagnie allemande. En 1985, la compagnie cède le cognac Monnet au groupe Hennessy. Aujourd’hui, la maison familiale des Monnet à Cognac fait office de bureaux pour l’entreprise Hennessy. Dans le chai (local utilisé pour entreposer des fûts de vin ou d'eaux-de-vie) de la propriété, le cognac "J.G. Monnet & Co" continue de se bonifier lentement. Il est vendu comme V.S.O.P. (Very Superior Old Pale, désignant un cognac d'au moins 4 ans et demi d'âge) pour 1% de sa production en France. Les 99% restant sont distribués dans 28 pays à l’étranger, notamment en Finlande où le cognac Jean Monnet est la marque leader depuis le début du XXe siècle.